Interview
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Q: La victoire de l'équipage Pironi – Jaussaud, c'est avant tout un succès Renault. Le ressentez-vous comme tel, ou pensez-vous surtout à votre joie personelle ? DP: Avant même d'être celui de Renault, ce succès est celui de toute une équipe. Les vériatbles vainqueurs sont les hommes qui ont participé à l'élaboration, à la construction, à la préparation et à l'évolution des voitures. Renault a triomphé indirectement puisque les techniciens appartiennent à la Regie. Mais je prends surtout en considération le travail des hommes, dont j'ai pu apprécier les qualités professionnelles et même humaines. Personnellement, même si je suis très heureux d'avoir gagné, je conserve la tête assez froide face à cette victoire et à ce qu'elle peut m'apporter. Peut-être ai-je tort et devrais-je en profiter un petit peu plus. JPJ: Non, c'est avant tout la victoire de l'équipe. D'ailleurs la meilleure preuve, c'est que lorsque j'ai senti à un moment donné, et dans les derniers relais, que j'avais un problème pour passer les vitesses, j'ai tellement craint à ce moment-là pour toute l'équipe de ne pouvoir mener la voiture au bout, que j'ai préféré que Didier termine. Lui n'avait pas ces problèmes semble-t-il, et je m'en serais voulu de compromettre nos chances en abîmant la boîte de vitesses, par exemple. Pourtant j'aurais été ravi de franchir la ligner d'arrivée, tu comprends ce que cela représente pour un pilote de passer le premier au drapeau... Ce doit être un moment impressionnant. Je crois que ce fait précis résume l'état d'esprit dans lequel je me trouvais. D'un autre côté, il est bien certain que l'on ne peut oublier l'aspect personnel que revêt une victoire comme celle-ci; c'est très important dans la mesure où elle me permet d'acquérir une notoriété que je n'avais certainement pas atteint au niveau international. Qu'est-ce que ça peut m'apporter dasns le futur ? J'ai toujours pensé que Le Mans pouvait apporter énormément de choses pour celui qui le gagnait. Maintenant, je vais pouvoir faire le calcul de ce que ça peut justement rapporter. Q: Quelle part faites-vous entre votre succès personnel et celui de votre équipe ? DP:
Il est très difficile de faire la part des choses avec
précision. Beaucoup plus que toute autre course, le Mans
est une affaire d'équipe, une affaire de technique et de
mécanique plus que de pilotage. L'apport des pilotes, même
s'il varie suivant les éditions des 24 heures, reste
toujours assez faible par rapport à la somme totale
d'efforts qu'il faut fournir pour gagner au Mans. Je pense
n'avoir contribué à cette victoire que dans une
infime partie. Si l'on pouvait utiliser les chiffres en matière
de sentiments, je dirais que je ne suis ému qu'à 10
% par rapport à la joie générale que procure
une victoire au Mans. JPJ: Oh, c'est très difficile, car en fait, on n'est qu'un rouage; on est le dernier maillon de la chaîne. Bon, c'est un petit peu une chaîne qui ne pourrait pas aboutir sans ce dernier maillon indispensable, c'est certain, mais d'un autre côté avec ce seul maillon qui était le nôtre on n'aurait rien pu construire. Donc c'est un tou; je crois qu'il n'y a pas plus d'un d'un côté les pilotes et de l'autre les mécaniciens. Il est bien certain que dans les faits, cela se traduit par la victoire de deux pilotes, ça c'est sûr. C'est un peu dommage vis à vis de tous les gars qui ont travaillé pendant un an. Q: Votre coéquipier était-il le coéquipier idéal ? DP: Jean-Pierre et moi formions une très bonne équipe. Du début à la fin des 24 heures, et même au cours des essais, il n'y a pas eu le moindre problème entre nous. Jean-Pierre était un coéquipier parfait. Pour avoir effectué beaucoup d'essais, il connaissait parfaitement la voiture et les problèmes qu'elle pouvait poser. En outre, il possédait – et possède toujours d'ailleurs – une grande expérience du Mans, ce qui nous a certainement aidés. JPJ: J'ai découvert Didier Pironi pendant les essais que nous avons effectués au Paul Ricard, et notamment sous la pluie. Là, il m'avait littéralement sidéré en pilotant comme un véritable métronome dans des temps extrêmement rapides. Je ne l'imaginais pas à ce point bon pilote. Depuis je l'ai tellement bien découvert que je suis persuadé qu'il ira très loin dans la carrière et qu'il sear champion du Monde sans aucun doute. Q: Comment avez-vous réagi en apprenant que vous partiez l'un avec l'autre ? DP: Il a d'abord été prévu que je parte avec Ragnotti et Fréquelin, puis avec Depailler. Lorsque j'ai appris que les équipages allaient être remodelés à la suite du renoncement de Patrick Tambay, la solution de partir avec Jaussaud me semblait la plus séduisante. Si j'avais eu à faire un choix moi-même, j'aurais sérieusement envisagé de partir avec Jean-Pierre. Larrousse a pris sa décision. C'est bien tombé...et je n'ai pas eu à m'en plaindre. JPJ: Pour moi, il y a eu trois phases successives. Au départ, je devais partir avec Derek Bell; ensuite on m'a “balancé”, si je puis dire, sur la voiture Calberson avec Regnotti et Fréquelin. Alors là, ça me déplaisait au plus haut point parce que c'était simplement le fait d'être trois sur la voiture. Il est déjà très difficile de s'entendre à deux, et à plus forte raison à trois; j'ai toujours considéré que pour terminer Le Mans dans de bonnes conditions, il fallait deux pilotes qui s'entendent bien au départ. Là-dessus, il y a eut le forfait de Patrick Tambay, Depailler est passé avec Jabouille et je me suis retrouvé avec Pironi. Sur le coup, je n'ai pas particulièrement ressenti ce que cela pouvait m'apporter, jusqu'au moment où j'ai pris conscience de la valeuer de Didier. A ce moment-là j'ai été revi, parce que je me suis dit que comme c'est un gars intelligent, il ne va pas faire souffrir la mécanique et ainsi il y aura de grandes chances pour que nous nous entendions bien. Effectivement, dès que nous en avons discuté, j'ai senti immédiatement que nous étions branchés sur la même longeur d'ondes. Je savais aussi qu'en plus de cela, et étant donné que c'est un métronome, qu'il allait faire des temps super-réguliers; comme moi, je suis assez régulier généralement, à partir du moment où nous avions une tactique de base, eh bien il n'y avait aucune raison pour que cela ne colle pas. Et c'est exactement ce ui c'est produit. Q: L'ancienne et la nouvelle génération sont réunies dans cette victoire. Est-ce pour l'un le début d'une seconde carrière, et pour l'autre la confirmation qu'il est un pilote à qui tout réussit ? Gagner au Mans, pour vous, est-ce un aboutissement ou une étape vers...autre chose ? DP: En ce qui concerne Jean-Pierre, je ne saurais dire exactement ce que cette victoire va lui apporter. Je pense de toute façon qu'elle ne pourra que lui profiter. Pour ma part il est bien certain que les 24 heures ont confirmé que j'ai de la réussite. Je constate avec plaisir que je fais partie des gens à qui la réussite veut bien sourire. Mais gagner au Mans ne constitue pas pour moi un aboutissement. Gagner m'a fait plaisir, je le reconnais. Je venais d'ailleurs dans cette optique, puisque j'avais la chance de faire partie de l'équipe Renault. Cela dit, cette victoire n'apporte en aucun cas la confirmation de ma valeur en tant que pilote. Je le répète : ce ne sont pas les pilotes qui gagnent au Mans. Au fond de moi-même, je n'éprouve pas une fierté particulière. Sur le plan pilotage, je n'accorde pas plus de crédit à cette victoire qu'à autres. En revanche, sur un plan différent, je suis conscient qu'aucune autre victoire ne peut être aussi efficace au point de vue notoriété. En ce sens, je dois la considérer à part. La renommée du Mans est très étendue. Je me félicite d'en bénéficier, tout comme j'ai bénéficié de l'auréole qui entoure le Grand Prix de Monaco de Formule 3 après l'avoir remporté l'année dernière. Mais je pense sincèrement que la réputationde ces courses est surfaite, du moins en ce qui concrne les pilotes : les retombées sont exagérées en regard de la réalite. JPJ: C'est une question qu l'on m'a déjà posé de différentes manières : on m'a dit c'est l'aboutissement d'une carrière ou alors c'est le début d'une autre. En fait c'est un peu les deux, dans le sens où je n'avais encore jamais obtenu une grande victoire internationale de cette renommée. Donc pour moi, c'est assez inespéré; effectivement on pourrait considérer que je suis plus près de la retraite qu'à l'orée d'une brillante carrière. Mais moi j'essaie de voir cette victoire d'une manière différente. J'essaie de la voir comme le départ d'une nouvelle carrière puisque grâce à cette notoriété nouvell sur le plan international, je vais certainement rencontrer des possibilités, des créneaux, dans lequels je vais pouvoir m'introduire; les sponsors vont très certainement s'intéresser beaucoup plus facilement à moi étant donné que mon nom va prendre d'un seul coup une audience internationale.Qu'est-ce qu'il peut en résulter ? Du bon, je pense, et à ce moment-là si j'ai la chance de disposer de voitures intéressantes, eh bien tous les espoirs sont permis. Ce que j'espère le plus du fond du cœur, c'est bien sûr une Formule 1, et l'idéal serait qu'elle soit française, mais sinon j'essaierai de toutes façons de chercher au niveau de la F1. Sans cela, j'envisage d'effectuer un petit séjour aux Etats-Unis où j'arriverai à trouver le créneau que je n'ai jamais pu obtenir là-bas, faute d'une notoriété suffisante. C'est un projet que j'avais en tête, et qui se trouve ainsi relancé , car Le Mans aux USA, ça marche ! Q: Courir au Mans, qu'est-ce que ça représente pour vous ? DP: Disons qu'on ne peut pas rester insensible à la légende de cette course. Mais il s'agit d'une épreuve très dangereuse et très difficile. Je n'accepterais de la refaire que sur une très bonne voiture...et dans des conditions très intéressantes. JPJ: Contrairement à beacoup de pilotes, je n'ai pas une sainte horreur de courir au Mans. J'aime Le Mans prce que c'est la plus grande course du monde, parce qu'il y a énormément de spectateurs, parce que ça représente quelque chose. Moi qui adore le contact avec le public, je dois avouer que je suis pris par cette ambiance un peu folle, folklorique... En plus de cela, il y a toute la semaine que l'on passe dans les divers châteaux de la région mis à notre disposition. Finalement Le Mans, c'est pour moi une semaine fantastique qui se clôture par la participation à une couse fantastique. C'est une course dangereuse, certes, car il faut être pleinement conscient de tous les problèmes que posent la nuit, les voitures plus lentes plus ou moins bien conduites, mais une fois que l'on connaît tous ces risques, alors on passe et Le Mans devient une course agréable. Pour peu qu'elle se déroule par un très beau temps comme cela a été le cas cette année et qu'elle se termine par une victoire, la course des 24 Heures devient tout simplement merveilleuse ! Q: Gagner au Mans, n'est-ce-pas la réalisation d'un beau rêve ? DP: Effectivement, c'est la réalisation d'un rêve. Tout petit, j'étais déjà passionné par cette course. Elle était télévisée, tout le monde en parlait, elle avait une très grande notoriété. Quand j'avais huit ou dix ans, j'avais un circuit 24 électrique, et je me souviens très bien qu'au moment des 24 Heures, je m'installais devant la télé avec plusieurs de mes amis, et nous faisions notre propre course devant le poste. Je m'appelais Phil Hill ou Gendebien, et je courais toute les ans les 24 Heures. A l'époque, cette course m'intéressait particulièrement, je lui trouvais un petit quelque chose de plus que les autres. Quinze ans après, j'y gagne. C'est merveilleux. JPJ: Oui, pour moi c'est tout à fait la réalisation d'un rêve, sans aucun doute. Quand j'étais plus jeune, pendant cinq ans j'étais commissaire de piste à Mulsanne; à l'époque il y avait toujours beaucoup de voitures qui tombaient en panne à cet endroit et bien souvent, je ne pouvais résister à l'envie de m'installer aux commandes de ces voitures puis de me faire prendre en photo ! J'étais vraiment comme un fou...Alors pour moi, gagner Le Mans à ctte à ctte époque a toujours représenté quelque chose de très profond, très ancré dans ma tête; d'autant que je n'étais même pas encore pilote, je rêvais seulement de l'être ! Arriver à concrétiser cette chose-là vingt ans après, c'est dingue. Surtout à mon âge. Q: Cette victoire restera-t-elle votre plus grande victoire, ou du moins la plus marquante ? DP: Pour moi, non. Peut-être le restera-t-elle au point de vue notoriéte, mais je ne l'espère pas. Sur un plan purement personnel, je ne pense pas que cette course représentera mon plus beau fleuron.Un pilote doit réagir de manière tout à fait egoïste. Le Mans est une victoire d'équipe, non pas “ma” victoire. J'en conserverai de toute façon un souvenir fabuleux, parce qu'l s'agit d'une anecdote intéressante dans une vie, et qu'il est toujours agréable de pouvoir dire aux gens: j'ai gagné les 24 Heures. En moi-même , je n'éprouverai pas pour autant un bonheur intense au souvenir de ce succès. J'en retire un certain plaisir, mais je préfèrerais cent fois gagner un Grand Prix. JPJ: Absolument, elle sera très certainement la plus marquante...ou l'une des plus marquantescar je ne sais pas ce que me réserve le futur. Dans les courses auxquelles j'aimerais participer il y a bien sûr la F1 et je crois que si je pouvais gagner un Grand Prix un jour, cela arriverai à valoir cette victoire au Mans. Q: Comment votre entourage a-t-il réagi ? DP: Je n'ai pas encore eu vraiment l'occasion de le mesurer (il parlait deux jours après la course). J'étais tellement fatigué en rentrant chez moi que j'ai passé la majeure partie de mon temps à dormir. J'ai reçu beaucoup de télégrammes, réaction très caractéristique des gens après une grande victoire. Ken Tyrrell m'a téléphoné. Il s'est préoccupé de mon état de santé, ayant appris que j'avais été à l'hôpital après l'arrivée. J'ai pu le rassurer. Bien sûr, il m'a félicité, mais il était surtout inquiet. JPJ: Oh là là, fabuleux. J'ai reçu une monatgne de télégrammes, tous très sympatiques, très chauds. Le téléphone est devenu rouge à force de sonner ! Beaucoup de journalistes m'ont fait comprendre qu'ils étaient contents de cette victoire. C'est peut-être ce qui m'a le plus touché, parce que chez les journalistes en général, je n'ai jamais eu de papiers dithyrambiques, mais dans les périodes creuses de ma carrière, ils m'ont toujours aidé, soutenu et surtout jamais enfoncé; grâce à eux j'ai toujours eu une cote d'amour formidable auprès du public. Ça aussi, ça fait chaud au cœur. Je l'ai vu notamment quand on a joué la “Marseillaise”: des tas de gens se sont mis à pleurer en même temps que moi... Il y a eu, à ce moment là, une sorte de communion entre le public et moi. C'était fabuleux parce que spontané. Q: Qu'avez-vous ressenti lorsque votre voiture est passée en tête ? DP: Une grande joie. Je me suis surpris à essayer de regarder la tête des spectateurs, pour les voir applaudir ou gesticuler, pour les voir suivre la voiture. C'est amusant. On a le temps de le faire. Le circuit n'exige pas une concentration nerveuse de tous les instants, et j'ai eu le temps de jouir du fait de mener. Je me suis dit que je vivais un moment très sympathique, j'éprouvais une grande joiede participer à cette réussite, ne fût-elle encore que momentanée. Cela dit, le moment de satisfaction le plus intense fut celui où j'ai franchi la ligne d'arrivée, en dépit de la fatigue. Tant que le drapeau n'est pas baissé, malgré le bonheur ressenti lorsqu'on mène, l'incertitude empêche de ressentir une joie profonde. On reste sur le qui-vive, légèrement inquiet. Sur la ligne d'arrivée, à 20 centimètres près, l'état d'esprit change du tout au tout. Les nerfs se relâchent. J'attendais l'explosion de la joie de l'équipe. Elle n'a pa manqué de se manifester. J'ai vécu un moment fabuleux, heureux d'avoir contribué à leur procurer cette joie. En même temps, j'ai poussé un grand ouf. Les trois dernières heuresavaient été un calvaire. La boîte étatit très difficile à manier. De plus, j'avais des crampes à la jambe droite, et j'ai obligé pendant plusieurs tours d'accélérer avec le pied gauche sur la ligne droite que j'attendais avec impatience pour me détendre. J'étais pressé de franchir la ligne d'arrivée. Quand ce moment est arrivé, j'ai été aussi heureux que soulagé , l'un découlant de l'autre et vice-versa. JPJ: Quand j'ai vu Depailler casser devant moi, que j'ai vu son moteur en fumée, j'ai surtout eu très peur pour notre voiture, peur que la même chose nous arrive. Ça a été ma première réaction; bien sûr on venait de prendre la première place avec six ou sept tours d'avance sur les Porsche mais je dois avouer qu'à partir de ce moment précis, c'est devenu imposible pour les nerfs. Q: Quand avez-vous réalisé que vous aviez gagné ? DP: J'ai réalisé qu'on allait gagner lorsque j'ai enclenché la première pour la dernière fois, avant la nouvelle portion du circuit, deux kilomètres environ avant l'arrivée. Je me suis dit: cette fois je suis en première, je ne touche plus à la boîte, elle devrait tenir jusqu'à l'arrivée. Et elle a tenu. JPJ: Tant que j'étais au volant, je ne pensais pas trop à tout cela, mais quand Didier était en piste, alors c'était impensable. Je tournais en rond, je n'ai pas dû faire un seul sourire durant les quatre dernières heures. D'ordinaire j'ai tendance à avoir la bouche “écartée”, mais là non, ça ne passait pas. Rien à faire. Q: Et quand avez-vous réalisé que vous aviez gagné ? DP: Au moment où j'au franchi la ligne d'arrivée. J'ai alors su que nous avions gagné, mais je n'ai pas encore tout à fait réalisé la portée de cette victoire. Elle ne m'émeut pas réellement. Mais je ne voudrais surtout pas qu'on croit qu'elle me laisse insensible: au contraire, je suis content. JPJ: Au baisser du drapeau. Pas avant. Quand j'ai vu Didier revenir au ralenti, passer la ligne, j'ai dit “Ça y est, on l'a !” . Avant c'était vraiment affreux. La dernière heure a duré pour moi plus de 24 heures ! Q: De vous deux, Jean-Pierre était celui qui connaissait le mieux la voiture, pour avoir couvert plus de 8000 km en essais. Pourtant, c'est Didier qui a eu la large difficile de terminer la course dans des conditions de conduite délicates. Simple hasard, paradoxe, ou volonté délibérée, et dans ce cas de la part de qui ? DP: J'étais dans la voiture au moment où la décision a été prise: Gérard et Jean-Pierre en ont parlé entre eux. J'étais personnellement ravi de terminer, mais sur le moment, je n'ai pas compris pourquoi Gérard me demandait de continuer. Vu l'état de la voiture, c'ètait une lourde responsabilité. J'ai couvert les deux derniers relais presque sans embrayage, sans pouvoir prendre le risque de m'arrêter dans le dernier relais, sous peine de ne pas pouvoir repartir, car une fois arrêté, il aurait pratiquement impossible d'enclencher la première. En fait, je ne réalisais pas tout à fait la responsabilité que j'assumais. Rétrospectivement, cela m'impressionne beaucoup plus. Si j'avais étédans mon état d'esprit actuel, c'est-à-dire après un long repos, j'aurais été beaucoup plus tendu. Je devais être un peu inconscient... JPJ: J'ai repondu en partie à cette question. Oui, effectivement c'était délibéré de ma part. C'est moi qui ai demandé à Gérard Larrousse que Didier termine. |